La vie n’a pas toujours souri à Rudy Luxe, mais avec l’aide d’ENL Foundation et une volonté de fer, il a prouvé qu’on peut déplacer des montagnes et réaliser ses rêves.

  • 10 ans d’ENL Foundation : Ruddy Luxe, l'éducation comme clé de l'avenir

    10 ans d’ENL Foundation : Ruddy Luxe, l'éducation comme clé de l'avenir


Il y a quelques années encore, comme tous les enfants de son quartier, Rudy Luxe jouait pieds nus au ballon dans les rues de cité Sainte-Catherine et dans les champs de canne avoisinants jusqu’à fort tard dans l’après-midi. Même si les choses semblaient simples à l'époque, il ne venait pas d’un milieu aisé. Sa mère travaillait dans une usine de textile et son père était maçon, mais ils faisaient de leur mieux pour faire plaisir à leurs enfants. Élève appliqué, Rudy ramenait souvent des prix à la maison.

 

À seulement 15 ans, alors qu’il menait une vie heureuse et paisible, un malheur s’abattit sur sa famille. Avec la perte de sa mère, son monde s’écroula. Cet évènement tragique affecta tous les aspects de la vie de Rudy, particulièrement sa scolarité. N'arrivant plus à trouver la force d’étudier, lui qui se classait d'habitude parmi les meilleurs vit ses résultats chuter. Il se retrouva à redoubler son School Certificate, sans toutefois obtenir des résultats suffisants pour passer au niveau supérieur. Il prit alors la lourde décision d’abandonner ses études pour trouver du travail.

À peine âgé de 18 ans, il enchaîna les petits boulots dans un centre d’appels et comme maçon pendant quelque temps. Encore trop jeune, ce mode de vie ne lui plaisait pas et il se sentait lésé par rapport à ses amis qui, eux, allaient toujours à l’école. À l'époque, Rudy faisait partie d’un groupe de jeunes de cité Sainte Catherine accompagnés par Suzy Comb, travailleuse sociale d’ENL Foundation. Après lui avoir fait part de son désir de reprendre ses études, il rencontra Mario Radegonde, Head of CSR d’ENL Foundation, qui l'encouragea à réfléchir à ce qu’il voulait vraiment faire de sa vie.

Ayant convaincu la fondation qu’il était prêt à travailler dur pour mériter une éventuelle aide, Rudy fut admis au collège OCEP. Sa vie n'en était pas moins dure, car après les heures de classe, il devait travailler dans un restaurant jusqu’aux petites heures du matin. Il dut mettre fin à ce train de vie lorsqu’il tomba malade. Voyant le dévouement du jeune homme, ENL Foundation décida de financer la moitié de ses études supérieures à l’Université de Technologie de Maurice.

Vouant une passion pour le graphisme, Rudy s'inscrivit pour une formation à plein temps sur trois ans. Pour se faire un peu d’argent, Rudy travailla comme photographe lors de soirées organisées par ENL Foundation. Il participa aussi à l’accompagnement scolaire des plus petits dans sa localité afin de pouvoir s’acheter un ordinateur et une caméra. Il se confie sur cette étape de sa vie :

Je ne pouvais pas me permettre les petits plaisirs de la vie, comme sortir manger avec mes amis, car je n’avais pas assez d’argent. Parfois, il m’arrivait d’emprunter des vêtements et des chaussures à mes amis afin de m'habiller décemment pour aller à l’université. Malgré tout cela, j’ai obtenu mon diplôme.

Aujourd’hui, à 27 ans, Rudy travaille chez Circus Advertising comme Motion Designer et Video Editor. Financièrement autonome, il a sa propre voiture. Il est reconnaissant de pouvoir côtoyer des gens qu’il ne s’imaginant jamais pouvoir approcher un jour. Il se sent leur égal dans un univers où il n'y a pas de classe sociale. Il est primordial pour lui de rester humble et poli envers les autres.  Quand on lui demande le secret de sa réussite, il répond fièrement :

Un homme doit avoir la sensibilité d’un artiste, la force physique d’un athlète et une éducation pour réussir dans la vie.

Après le décès de sa mère, Rudy se répétait souvent : « À quoi bon ? » Elle n’était plus là pour partager son succès. Le jeune homme a su changer d’état d’esprit grâce aux portes que l’éducation lui a ouvertes. Il est d’ailleurs très connu pour sa phrase :

Je vis dans le même village, dans le même pays, mais j’ai changé de monde.

 Il lance aussi un appel à tous ceux qui peuvent venir en aide aux moins chanceux :

Aidez les personnes que vous pouvez, ce geste peut vous sembler petit, mais il fera une grande différence dans leur vie, comme pour moi aujourd’hui.