Toutes les activités d’ENL sont affectées plus ou moins fortement par la crise sans précédent provoquée par la pandémie du COVID-19, souligne le CEO du groupe, Hector Espitalier-Noël. Il appelle à la mobilisation générale face à une situation dont la durée et l’issue dépendront de nombreux facteurs exogènes. « Notre groupe ne sera capable d’y faire face qu’avec le concours et les efforts consentis par toutes les parties prenantes », dit-il.

  • Sortie de crise : Mobilisation, rigueur et détermination

    Sortie de crise : Mobilisation, rigueur et détermination

 

La pandémie du COVID-19 a plongé la planète tout entière en récession. L’économie mondiale est terrassée par l’arrêt phénoménal des activités économiques alors que pratiquement la moitié de la population de la planète vit en confinement. La sortie de crise dépendra de nombreux facteurs dont personne ne maîtrise aujourd’hui les éléments, alors que selon le Fonds monétaire international, les répercussions économiques seront les pires depuis la Grande Dépression de 1929.

L’île Maurice subit de plein fouet les conséquences de cette contraction économique à l’échelle planétaire et il s’agit de mobiliser, chez nous, l’imagination, l’agilité, le courage et la vivacité d’esprit collectifs qui nous caractérisent, surtout quand nous sommes confrontés à l’adversité. L’unité nationale qui nous a permis d’affronter avec beaucoup de résilience nombre de crises précédentes sera un atout majeur sur lequel nous devrons nous appuyer pour que notre pays s’en sorte avec de moindres blessures.

Nous connaissons d’ores et déjà une chute massive dans nos revenus à l’exportation, une hausse des prix à l’importation due notamment à la dépréciation de la roupie, ainsi qu’un recul des investissements, dont les placements étrangers dans l’immobilier et les services financiers. Il est fort probable que notre balance des paiements connaîtra son premier déficit depuis 15 ans. Encore heureux que le prix du pétrole soit à son niveau le plus bas depuis près de 20 ans.

ENL est directement touché et cela promet de faire mal. Nous prenons tous les jours la mesure du sinistre, et chaque jour nous apporte des nouvelles qui nous rassurent et qui nous alarment aussi davantage.

  • Le secteur du tourisme et des loisirs est en état d’urgence : les hôtels sont vides et les avions sont aux hangars. Je n’ai cependant pas de doute que les touristes reviendront, car nous avons une offre exceptionnelle que nous saurons valoriser. Et si Maurice arrive à asseoir son image d’île disciplinée face au COVID-19, la réputation de la destination pourra sortir renforcée de cette crise sanitaire. Mais cela n’est pas pour tout de suite.

 

Dans l’immédiat, il va falloir s’assurer que le tourisme traverse l’impasse dans laquelle elle se trouve, et ce en dépit du fardeau financier et salarial qui pèse sur ce secteur. Nous vivons les mois les plus difficiles de son histoire et je tiens à saluer les initiatives prises par le management de nos opérations hôtelières, la solidarité de tout le personnel, ainsi que les efforts consentis par l’État et les banques. Nous devrons continuer nos actions conjuguées pour que cette activité économique puisse entrevoir des jours meilleurs.

 

  • . Cela ne fait qu’accabler davantage une industrie sucrière déjà à genoux, même si les prix européens tiennent encore pour l’heure. Le confinement y ajoute une couche en nous privant de la main-d’œuvre nécessaire pour entretenir les cultures et préparer la récolte. Il y a urgence de mettre en œuvre les mesures déjà identifiées pour donner une nouvelle vie à ce secteur, à travers notamment une meilleure valorisation de la bagasse.

 

  • La mise en quarantaine du pays a signé l’arrêt quasi total de nos activités logistiques. Velogic est au centre du maintien des services essentiels durant le confinement et devrait reprendre le cours de ses activités dans un environnement où le trafic de marchandises sera réduit. La filière crédit-bail de Rogers Capital devrait souffrir du comportement moins dépensier des Mauriciens, une situation qui devrait également impacter Axess. Nos activités dans le domaine des services financiers seront aussi touchées par une contraction probable du Global Business.

 

  • Fort heureusement, la solidité de nos activités immobilières égaie un peu le tableau. Nos centres commerciaux ont connu de bonnes années et disposent des ressources nécessaires pour traverser la crise. Il s’agit à présent d’apporter la bonne dose de soutien à nos partenaires locataires pour qu’ensemble, nous puissions sortir de la crise rapidement.

 

À notre niveau, nous envisageons certains accommodements sur les loyers pour ces mois de confinement et nous sommes confiants que conjuguées aux mesures de soutien de l’État, ce plan d’accompagnement d’Ascencia portera rapidement ses fruits. Nous prévoyons, par ailleurs, de maintenir le dynamisme de ce secteur avec des projets de développement déjà prévus avant la crise, tels que l’agrandissement du centre commercial de Bagatelle, afin d’offrir au public un niveau de prestation rehaussé.

 

Pour ce qui est de nos parcs d’affaires, Oficea dispose des financements nécessaires au développement de son portefeuille. Il est aussi structuré de sorte à pouvoir moduler ses investissements en fonction de la demande. Moka Smart City a également finalisé des partenariats stratégiques et nous sommes à présent bien équipés pour continuer son développement. Nous allons donc poursuivre avec la création de la ville, exécutant les travaux d’infrastructure et les aménagements planifiés comme prévu. De même, les projets d’aménagement importants axés autour du second golf se poursuivront dans la zone de Bel Ombre.

 

Notre stratégie de développement prudente pour nos activités immobilières s’avère payante : nous n’avons aujourd’hui aucun engagement qui nous mettrait dans une situation périlleuse. Bien au contraire, la crise nous offre une opportunité de produire à moindre coûts avec le concours de tous nos partenaires afin de continuer à proposer des produits de qualité à des prix raisonnables. Nous étudions, d’autre part, de nouvelles opportunités intéressantes qui pourraient nous donner un bel élan de croissance.

 

Plus que jamais, le développement immobilier peut être le moteur de la relance économique, tirant dans son sillage l’industrie de la construction gravement fragilisée par la crise. Il serait opportun que l’État étudie toutes les mesures qui pourraient favoriser la mise en place rapide de projets pour permettre au secteur de jouer ce rôle moteur.

Il va de soi que la sévérité de la crise, tant pour le pays que pour ENL, va dépendre de la profondeur et de la durée de la pandémie du COVID-19. Le succès relatif de Maurice à gérer la crise sanitaire à ce jour est porteur d’espoir. Nous n’avons eu pratiquement aucun nouveau cas de contamination ces derniers jours. Si nous arrivons à maintenir cette tendance, nous pourrons redémarrer la machinerie économique rapidement. Il nous faut plus que jamais faire preuve de responsabilité dans nos comportements, faute de quoi les acquis pour gagner le combat contre le virus fondront comme neige au soleil.

Pour ce qui est de notre groupe, la traversée de la crise sera difficile et nous devrons adapter nos opérations aux réalités de l’environnement évolutif que nous allons connaître et qui nous demanderont de faire preuve d’agilité et de détermination. Mobilisons-nous. Notre groupe est bien équipé pour se tirer d’affaire à ce stade de la crise, pour peu que nous soyions créatifs et agissions promptement. Mettons-nous en tenue de combat et innovons nos méthodes de travail.

Comme toute crise, celle qui nous afflige aujourd’hui est pleine d’opportunités. Profitons-en pour sortir de nos zones de confort et proposer de nouveaux produits et services, investir de nouveaux marchés. Ce changement de vitesse ne devrait pas être trop compliqué, compte tenu des initiatives préconisées dans le cadre de Cap 23 – notamment en termes de digitalisation et de développement durable – qui nous mettaient déjà dans un état d’esprit de disruption.

Au cours de ses deux siècles d’histoire, ENL n’a jamais reculé devant un challenge. Nous avons toujours su réunir nos partenaires et galvaniser les énergies pour nous surpasser et émerger plus forts. À présent, nous avons un nouveau rendez-vous avec l’histoire. Nous n’allons pas le manquer.