Le président de la Mauritius Fishermen Cooperative Federation Ltd, France Andy, dit son appréciation de l'initiative d'ENL de nettoyer les berges de Grande Rivière Sud-Est. 

  • France Andy : « Les déchets plastiques ont des répercussions dévastatrices sur le secteur de la pêche.  »

    France Andy : « Les déchets plastiques ont des répercussions dévastatrices sur le secteur de la pêche. »

 

  • Comment accueillez-vous cette initiative d’ENL ?

Nous sommes très heureux qu’ENL ait proposé cette initiative et sollicité la participation de la Fédération des pêcheurs (MFCF). Un grand merci aussi au Rotary Club de Phoenix, qui s’est joint à l’événement. C’est une étape importante dans la lutte contre la pollution et la prise de conscience des pêcheurs qui dépendent de la mer et qui, bien souvent, se sentent seuls dans ce combat.

Les campagnes de nettoyage s’effectuent souvent sur les spots touristiques et les plages publiques connues. Or, chaque centimètre de notre littoral contribue à la biodiversité marine. Du fait de sa proximité avec l’île aux Cerfs, la région de Grande-Rivière-Sud-Est est très fréquentée par des touristes et si le littoral n’est pas nettoyé régulièrement, les déchets iront s’échouer sur les îlots avoisinants. Les déchets plastiques ont des répercussions énormes et dévastatrices sur le secteur de la pêche. Cette initiative est donc bien accueillie par toute la communauté des pêcheurs.

 

  • Pensez-vous que cette prise de conscience parmi la communauté de pêcheurs est importante ?

Il faut dire que la production mondiale de plastique, qui représentait 1,5 million de tonnes en 1950, est passée à 300 millions de tonnes en 2018, dont 30 millions finissent chaque année dans la mer, véritable décharge à ciel ouvert. Outre la création d’îlots de déchets flottants, cette pollution plastique contribue à la réduction de la population de poissons, car leur écosystème est grandement affecté. Même si les campagnes de nettoyage et les actions se multiplient sur terre, les solutions en mer sont bien moindres et les pêcheurs sont les tristes témoins des conséquences pour l’écosystème marin. Avec les courants et marées, une partie des déchets finit sur le littoral et c’est pourquoi il est capital de mener ce type de campagnes de nettoyage tout autour du pays. Les communautés de pêcheurs sont les premières victimes, car c’est leur gagne-pain qui est affecté.

 

Bon à savoir

Selon le Fonds mondial pour la nature (World Wide Fund for Nature), l’équivalent d’un camion de déchets plastiques est déversé dans l’océan toutes les minutes. Ce chiffre pourrait doubler d’ici à 2030 si rien n’est fait. L’organisation internationale estime également qu’au moins un millier de tortues marines meurent chaque année des suites de l’enchevêtrement dans des déchets plastiques. Le plastique représente 75 % des déchets marins, dont 80 % proviennent des activités à terre. Et en étant ingéré par les poissons et d’autres espèces marines, le plastique s’introduit in fine dans notre chaîne alimentaire.