La pauvreté est un champ de bataille qui a ses héros, héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres.

  • L’accompagnement scolaire : une arme contre la pauvreté

    L’accompagnement scolaire : une arme contre la pauvreté

Diane Colimalay est un de ces héros obscurs sur lequel nous braquons le projecteur à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, célébrée le 17 octobre. Convaincue que l’éducation est le meilleur programme anti-pauvreté qu’il puisse y avoir, elle s’est investie dans l’accompagnement scolaire des enfants et jeunes des quartiers défavorisés de Pailles et de Saint Pierre aux côtés de son allié de toujours, l’ENL Foundation. Son objectif : s’assurer que ses protégés ne ratent pas leur scolarité.

C’est ainsi qu’est né le programme d’accompagnement scolaire d’ENL Foundation.

J’ai longuement discuté de mon projet avec Mario Radegonde, le directeur de la fondation. Nous avions un objectif commun, à savoir, intervenir à la base, auprès des générations montantes, pour casser le cycle de la pauvreté. L’éducation était une arme indispensable à cela,

La première session d’accompagnement a eu lieu dès le début de 2010, à Pailles, dans le centre de Polyvalence de la Cité Jonction. « Nous avions commencé avec 20 élèves et depuis, le programme d’accompagnement scolaire a été étendu à 3 autres régions où ENL Foundation est active, à savoir, Cité Alma en 2012, Sainte Catherine et cette année, à Vuillemin. Les groupes qui viennent à nos sessions sont d’âge variés, entre 6 et 18 ans, » soutient celle qui se voue corps et âme à la réussite de son projet.

Dans sa tâche, elle est aidée par un groupe d’éducateurs dévoué à la cause.

Nous sommes au total 14 personnes à travailler dans les différents centres. Nous avons 4 accompagnateurs à Pailles, 3 à Alma, 4 autres à Sainte Catherine et 2 personnes à Vuillemin. ENL Foundation, que je considère comme notre parrain, nous aide dans tout ce qui concerne l’aspect logistique et les fournitures scolaires. Elle nous permet aussi de nous former, à travers des stages de perfectionnement en psychologie par exemple, pour mieux accompagner les enfants,

Cette équipe dispense des cours d’une heure et demie tous les jours de semaine après les heures de classe.

Pour elle, son objectif principal au-delà de l’éducation académique c’est d’aider ces enfants à devenir plus autonomes.

On a souvent des cas où les enfants ne savent ni lire ni écrire. Notre grande satisfaction c’est de voir leurs progrès alors que le système traditionnel les a rejetés

Du reste, Diane Colimalay est d’avis que grâce aux méthodes que préconise le programme d’accompagnement scolaire, ces derniers sont plus aptes à apprendre. Grâce à des techniques d’apprentissage beaucoup plus visuelles et ludiques, ils arrivent à mieux s’exprimer et à prendre confiance en eux. En passant par la peinture, le théâtre ou les ateliers de lecture entre autres, ils arrivent à trouver une échappatoire.

La confiance s’est quelque chose de primordial pour ces enfants qui sont en quête d’attention. Parce qu’ils sont pauvres, cela ne veut pas dire qu’ils sont bon à rien. Il nous appartient de les aider à combattre les préjugés qui les entourent. Le grand public a tendance à associer la pauvreté à divers maux comme alcoolisme, la violence conjugale et la délinquance, entre autres. Certes, il existe des cas spécifiques mais ce n’est pas la réalité de tous,

De par son expérience du terrain, Diane Colimalay est d’avis qu’il ne suffit pas de donner de l’argent et d’offrir à manger aux pauvres. Elle croit fermement qu’il est préférable de donner des outils aux jeunes afin qu’ils puissent combattre la pauvreté durablement. L’éducation en est un et grâce à elle, ils seront capables de mieux s’intégrer dans la société.

Au niveau des accomplissements, elle se dit fière de voir les résultats du CPE. Certains ont eu que des A et ont pu intégrer une bonne école comme le BPS et le collège Lorette. Le programme d’accompagnement scolaire organise aussi des pièces de théâtre qui aident à faire ressortir le talent de ces jeunes et cela à un certain succès en plus d’être un moment de famille et de partage. Diane Colimalay rêve d’avoir un jour une école qui pourra accommoder un maximum de jeunes et pouvoir enseigner les arts, le théâtre et évidemment les matières académiques.