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August 10, 2023

Joëlle Rabot-Honoré : « Rien pour nous sans nous »

Joëlle Rabot-Honoré, Project Coordinator d’ENL Foundation, partage avec nous son expérience après sa participation en juin 2023 à la World Community Development Conference à Darwin, en Australie. Elle nous explique comment la fondation s’engage à autonomiser les communautés mauriciennes en les plaçant au cœur de leur propre développement, tout en mettant en lumière la philosophie fondamentale du développement communautaire.

 

Pouvez-vous nous parler de votre participation en juin dernier à la World Community Development Conference à Darwin, en Australie ?

ENL Foundation avait déjà participé en 2019 et 2021 à la World Community Development Conference (WCDC). J’ai représenté la fondation à l’édition de 2023 en Australie et j’ai pris la parole pour présenter deux papiers. Le premier, intitulé « Impactful CSR and Community Development », décrivait la stratégie RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) du groupe ENL et mettait l’emphase sur notre approche de proximité au sein des communautés vulnérables.

Le deuxième, « Building Thriving Communities », mettait l’accent sur la manière dont ENL Foundation encourage les plateformes communautaires à se connecter, à se côtoyer et à partager leurs connaissances, leurs meilleures pratiques et leurs défis.

 

Les sujets abordés à Darwin sont-ils pertinents pour le contexte mauricien ?

Cette conférence était largement axée sur le rôle et le poids de la culture des communautés, par exemple en ce qui concerne les populations aborigènes. Ce qui m’a le plus marquée, c’est le rôle que peuvent jouer les aînés. Dans une communauté prospère, ils exercent une influence sur les jeunes et transmettent des valeurs, une langue, une histoire. Ici à Maurice, on entend souvent dire que le lien est rompu entre les générations et cela crée des communautés désunies. J’ai compris qu’il était vraiment impératif de reconstruire ce lien et de le promouvoir au sein de nos projets.

 

La conférence a-t-elle abordé des défis rencontrés par ENL Foundation ou par Maurice de manière plus générale ?

Oui, notre problème est qu’au niveau du développement communautaire nous travaillons en silo. Chacun travaille de son côté au sein de notre écosystème et très peu est mis en commun, ce qui rend les choses très difficiles et n’aide personne. Pourtant, nous avons tous un seul et même objectif. Il est impératif de s’unir afin de pouvoir grandir et échanger ensemble. Le networking entre les « community workers » ou les « community development practitioners » existe déjà dans certains pays d’Afrique, où les ONG s’entraident. Ce qu’il nous faudrait développer, c'est une plateforme ou un réseau national regroupant les community workers, comme il en existe dans d’autres pays, notamment en Irlande, ce qui permet d’apprendre beaucoup des autres, de progresser et de faire avancer le domaine. C’est quelque chose de faisable.

 

Expliquez-nous ce qu’est le « community development ». Le sujet paraît très vaste...

Le développement communautaire consiste à remettre la communauté au centre de son propre développement. Rien ne doit se faire sans que les membres de la communauté y adhèrent. Comme on dit : « Nothing for us, without us ». L’accent doit être mis sur les personnes, car l’idée est de faire des membres de la communauté des acteurs majeurs de leur propre développement. Chaque communauté a ses forces et ses faiblesses, et la solution doit venir d’elle-même.

 

Et quel rôle joue ENL Foundation dans cet écosystème ?

ENL Foundation fait partie de ceux qui ont choisi de « mettre en œuvre » des projets. Notre but ultime dans les 7 localités où nous sommes présents est d’accompagner les bénéficiaires et de progresser avec eux pour qu’ils deviennent autonomes sur le long terme.

Nous nous positionnons seulement comme des accompagnateurs de leur développement et non comme des acteurs ou des initiateurs. Nous leur servons d’appui jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de se tenir debout seuls. La devise « Enabling Possibilities » nous décrit bien.

Le développement communautaire doit être mené d’abord par la communauté. Par exemple, il y a eu la création de la Marine Technical School à Rivière-Noire. Pour réaliser ce projet, nous avons dû étudier la communauté afin de savoir si cela répondrait à ses besoins. Une telle initiative demande une cohésion. Lorsque nous avons vu que le projet s’intégrerait bien dans la communauté, nous sommes allés de l’avant, et cela fonctionne.

Nous avons également le projet Aprann, qui touche à l’employabilité. Les communautés dans lesquelles nous déroulons ce projet ont des besoins que nous connaissons. Nous choisissons donc où mettre en œuvre les projets en fonction de ces besoins.

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